chroniques (en)caustiques

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- L'INTEGRALE.

 

- En image.

Pour souvenir :  

            


 

Effectivement, on ne pouvait pas la confondre avec n'importe laquelle car ce n'était pas n'importe quelle voiture (définitivement).

Petite précision: peinture et froissement de tôle réalisées par moi-même.

 

 

 

 

 

- Comment tout à commencé.

 

Après avoir obtenu mon permis à la troisième reprise (vous verrez, on le donne vraiment à n'importe qui...à l'usure), je prends donc en main mon véhicule.

 

Après quelques semaines chaotiques mais passables, et devant, pour gagner ma croûte, effectuer 80 km par jours, je me dis qu'il serait bon d'utiliser ce trajet pour enrichir ma culture générale et décide alors de punaiser des petits poèmes (Baudelaire et compagnie) sur le cuir de mon volant (oui, je vous l'accorde, c'est du grand n'importe quoi), afin d'apprendre, vers après vers, de jolies phrases que je pourrais ressortir un jour, à l'occasion. Lesquelles, je cherche encore: je me rends compte aujourd'hui, qu'au quotidien, je récite finalement très peu de poésie, celle-ci ayant été remplacée par des phrases au contenu parfois saugrenu certes, mais pas poétique pour un sou « Ne marche pas sur ta sœur – Ne mange pas de cailloux – Non, on ne met pas ses pieds dans sa bouche quand on a déjà du chocolat dedans », etc, etc …

Bref, l'expérience a capoté. Non pas à cause de ma mémoire, mais plutôt suite a quelques soucis de concentration (et/ou d'écart de conduite). Déclamer ou conduire, il faut choisir.

Je me suis donc rabattu sur des livres K7 de la médiathèque et pu ainsi gouter aux plaisirs de la littérature orale (en plus de la musique à fond la caisse en brayant bruyamment des paroles approximatives...mais parfois, au bout d'un certain temps, on se saoule soi-même). A un incident près tout de même: une cassette retrouvée fondue sur mon siège passager, mais devenant du coup un objet unique et tout à fait design…dont la médiathèque n'a pourtant pas voulu: les artistes sont d'éternels incompris. J'ai remboursé.

J'ai laissé une pomme aussi un jour sur mon siège en été: en revenant, ça sentait la compote ! Par contre, une autre fois, en déménageant l'appartement d'un ami, j'ai retrouvé un camembert au fond de mon coffre qui avait glissé du sac des courses: pour le coup, ça ne sentait pas la compote !...et puis, je n'ai pas eu l'air nouille…

 

Enfin voilà, tout ça n'est pas bien grave me direz-vous et vous auriez raison: c'est juste pour vous situer un peu le personnage que j'ai pu être…avant que ça se corse…et que ça dégénère…grave...

 

 

 

« Un singe en hiver » d'Antoine Blondin: c'est ce que c'était.

 

 

 

- Ou j’ai froissé ma première tôle: même pas mal (mais ça fait peur quand-même).

 

 Je rentrais du travail (très grosses semaines, à travailler sur tables lumineuses et à rouler de nuit: on a les excuses qu'on peut), et partais chercher une amie en ville. J'étais en train de régler subtilement le volume de mon autoradio (je montais le son à fond sur un album de Beck -Loser- que j'adore), lorsque soudain, et alors que le feu était passé au vert, la voiture qui me précédait décide de ne pas avancer, la garce, alors que, de mon coté, je n'hésite pas une seconde (feu vert entre aperçu et concentrée sur l'autoradio). Je m'encastre donc sur son pare choc arrière.

Bilan: une égratignure ridicule pour l'autre (mais c'est une voiture de location: obligation de constat), et pour ma part, pare choc, capot et radiateur explosé...entre autre.

 

Au bureau de tabac d'en face (et oui, pas de portables à l'époque) où je téléphone aux assurances, garagiste, et à mon père (il va falloir qu'il s'habitue d'ailleurs), la dame, gentille, voyant une larme perler à mon œil (je venais juste de finir de la payer, cette voiture), me raconte qu'elle a, elle aussi, reçu un coup de téléphone il y a quelques années, son fils ayant eut un accident: il en est mort. Bon ben ça vous calme ça. A moi de consoler la petite dame...

 

Sinon, cause probable de l'accident: déteste payer un truc (assurances) pour rien. J'ai préféré bien rentabiliser d'un coup. Par contre, je me suis retrouvée définitivement proscrite chez tout assureur un brin censé (chez tous, en fait): il ne me restait que deux semaines avant de n'être plus considérée comme jeune conductrice. Un accident en zone jeune conducteur = tarif totalement prohibitif pour le reste de ta vie. Je n'ai d'ailleurs à ce jour toujours aucune assurance directement à mon nom. Il faudra bien, un jour, affronter cette bête noire...ou faire du vélo; réglant de même le problème du diésel qui pue et des bronchites chroniques qui en résultent !

 

 

 

 

- Ou j'effectue quelques glissades impromptues.

 

Après une première tentative très réussie d'aquaplaning dans les S de la montée de Choulans (les locaux apprécieront le lieu et les nombreuses personnes présentent ce jour là dans la voiture remercient sans doute encore le ciel de s'en être tiré...signe qu'on avait encore tous quelque chose à finir sur terre au cas où l'un d'entre nous aurait eut un doute...merci qui ?) j'ai décidé de m'attaquer au tête à queue, avec, encore une fois, une réussite indiscutable !

 

Pour explication, je tentais de me rapprocher rapidement d'un camion, sous la pluie, dans des virages, pour pouvoir le doubler par la suite sur la seule ligne droite qui nous attendait.

 

L'issue ne fut pas fatale mais toutefois terrifiante.

Me suis-je vue mourir ? Ai-je vu ma vie défiler ? Non.

Par contre, je me souviens m'être fait plus ou moins la même réflexion durant toute la glissade (qui ne dure qu'une poignée de seconde mais à ce moment là, tout passe au ralenti !) que dans l'histoire racontée par Steve McQueen dans "Les Sept Mercenaires", à propos du type qui tombe du toit d'un immeuble. A chaque étages, il se dit: «Jusqu'ici tout va bien...jusqu'ici tout va bien… » !

Effectivement, ma voiture à fini par s'immobiliser (dans l'autre sens, mais bon…)

Résultat, j'ai du rouler un bon moment avant de pouvoir faire demi-tour (dans la bonne direction, donc), et j'ai passé ma journée aussi livide qu'un cadavre sans oser avouer ce qui m'était arrivé: je commençais à cumuler, c'était trop la honte...et puis les gens, après, ils ne veulent plus monter en voiture avec moi...(ils n'auraient pas que tort non plus)...

 

 

 

 

- Ou je me prends des graviers (un gros tas) et manque bêtement un virage

 

 Bon alors là, l’accident est plus ou moins résumé dans le titre.

La cause: me suis levée à 5h du matin pour un boulot urgent, ai voulu prendre un raccourci que je connaissais bien (trop), n’ai pas vu le panneau des travaux (même pas sûre qu’il y en avait un), ai glissé sur les graviers…et paf, pif, pouf...

Ma seule consolation fut de voir que plusieurs véhicules passant par là, dérapaient eux aussi, mais sans finir dans le fossé (en même temps, ça m’arrangeait: j’y étais déjà, ça aurait fait trop de monde).

 

J’ai attendu une heure décente pour téléphoner à mon père (6h30) et comme je n’avais plus d’assurancetourix (voir épisode précédent), nous avons joyeusement réparé tout ça entre nous avec nos jolis doigts musclés (et sales aussi).

Moralité: même si vous croyez être indispensable et faites le maximum pour le prouver (partir à fond la caisse à 5h du matin), en fait, vous ne l’êtes jamais. Mon boss a vite trouvé une remplaçante ce jour là et la terre à continué de tourner !

Seconde moralité: il ne faut pas tant prêter main forte que main fine pour faire de la réparation automobile, tout étant difficile d'accès (et comme fait exprès...pour que t'appelles un garagiste...). J’ai donc assisté à chaque opération de reconstruction, me sentant un minimum coupable (si, quand-même), et ayant, surtout, une paire de mains adéquate pour aller là ou les autres ne vont pas…sauf qu'on se salit (gravement: tu ne te grattes plus avec tes doigts, tu prends ceux des autres), on s'écorche, on reste coincé, aussi, parfois, mais...

...En attendant, je deviens autonome: sais changer une durite, des pneus (je sais, ça n'a rien à voir), faire mes vidanges, contrôler les niveaux, changer le filtre à huile (le filtre à gazole, c'est plus technique et difficile d'accès, mais j'y arrive...avec mes mains de fée fines, donc), brancher un autoradio, etc, etc...

Ne reste plus qu'à apprendre à conduire...sans accidents!...ou du moins, moins...

 

 

 

 

 

- Ou tout bascule.

 

Le problème des réparations maison, c’est sans doute le coté "un peu" artisanal.

Alors, ça a son coté convivial aussi: ça regroupe famille et amis autour d’un objet précis…ou chacun laisse échapper ce qu’il a sur le cœur (des chapelets de jurons généralement parce que ça fait toujours du bien). Par contre, à la fin des réparations, et bien que le moteur ronronnait et que la voiture roulait, il nous restait tout de même une boite à chaussure avec trois ou quatre petites pièces mécaniques à l’intérieur qui n’avaient pas trouvées preneur.

Vision somme toute flippante, mais bon, qu’à cela ne tienne, le véhicule fonctionne et c’est l’heure de retourner au charbon.

J’y vais donc.

 

L’allée fut correcte.

Le retour, pour le moins, incorrecte:

J'avais fais un crochet par la médiathèque du coin. A l'accueil, je leur demande des litres d'eau (en même temps les gens de la médiathèque ne sont pas surpris plus que ça: je suis la fille qui rends des cassettes fondues !): le moteur fume grave !!!!

Pour être honnête, ça fait peur...mais moins qu'un tête à queue. Tout est donc relatif ! (et j'emprunterais des livres plus tard...dans un temps plus serein...suffit d'y croire...)

Je verse donc ce qu’il faut en liquide de refroidissement (il n’en restait plus une goutte, c’est sûr) et décide de rendre une petite visite de courtoisie au garagiste du coin: il me reste 40km avant de rentrer chez moi.

Suspens (et mauvaises nouvelles en perspectives)...

 

 

 

 

 

 

- Ou je tente un meurtre sans préméditation (enfin, sait-on jamais...l’inconscient…)  sur le garagiste.

 

Arrivée au garage, le gars déplace lui-même ma voiture sur son parking, ouvre le capot, se rend compte qu’il y a apparemment une fuite au niveau d’une durite (tu m’étonnes !) et me demande de monter dans la voiture pour mettre le contacte.

Je m’exécute.

Dommage...

La voiture fait un bon en avant (le gars avait mis une vitesse au lieu du frein à main, sur du plat, à l'époque, novice que j'étais, je ne connaissais pas la technique) et manque d’écraser le garagiste sauvé, in-extrémis, par un poteau en relief qui sortait du mur, et contre lequel il auscultait mon moteur !!!

 

Le bonhomme, encore plus livide que moi le jour du tête à queue, s’en sort.

Par contre, la voiture, comment vous dire…

Le capot a été sauvé, c’est toujours ça (il était ouvert), mais pour le reste...tout est enfoncé et encastré dans le poteau !!!!...sauf le garagiste, et c'est bien là l'essentiel me direz-vous...mais bon...

 

Ce dernier, par bonne conscience, me recercle ma durite (j'étais un peu venu pour ça, au départ),  et d'ailleurs, après réflexion, c’était une des pièces qui s’ennuyait dans la boite à chaussure...

La voiture roule quand-même (elle en a vu d'autre, elle est blasée maintenant).

Je rentre chez moi.

Question : comment annoncer encore cela à mon père ?????...

 

 ..." Papa, je sais, ça fait trois fois de suite, j'ai un peu emboutit la voiture..." bouh, snif, suis trop nulle...

 

 

 

 

 

 

- Ou l'on répare encore et encore...et comment se taper la honte (une fois de plus).

 

 Le véhicule va être emmené chez un autre garagiste pour lui tirer la carrosserie avant, avec un appareil spécial, un peu comme on déplierait un accordéon. L’opération est délicate, et ce n'est rien de le dire (ferais pas ça toute seule avec mes petits bras musclés).

Par contre, comme j’ai pu rentrer jusque chez moi la veille, mais que la voiture ne redémarre plus (elle commence à fatiguer, ou bien elle m'en veut un peu...), on décide de la faire tracter par la voiture de notre sympathique voisin (il faut bien que mon père aille bosser aussi parfois), jusqu’au garage.

C’est donc là que je décide de me taper la honte (déjà que ce n'était pas glorieux...)

Se faire remorquer, ça a un coté sympa: on monte dans sa voiture, et on n’a "presque" rien à faire. C’est dans le "presque" que j’ai merdouillé.

Après quelques kilomètres, je vois mon voisin sortir de son véhicule au feu tricolore, et venir me voir pour me dire qu’il y a quelque chose qui cloche (pour tout dire, ça rame sévère).

Ha ben oui, tiens: je n'ai pas enlevé le frein à main !!!

La hoOOOonte (je vous l’avais bien dit).

Bon, j’étais un peu fatiguée et stressée aussi (Ok, d’accord, je n’ai aucune excuse).

 

Au bout d’un moment (je résume, hein), la voiture est réparée.

 

 

 

 

 

 

- Ou tout se répète.

 

Quelques temps plus tard…

J’ai un problème de durite. Ça me poursuit, c’est sûr !

Mon voyant, que je connais bien maintenant, de liquide de refroidissement s’allume.

Je devais partir en week-end en Ardèche et m'arrête sur la bande d’arrêt d’urgence d’une rocade.

LE RESERVOIR DE LIQUIDE DE REFROIDISSEMENT EST QUASIMENT VIDE ET JE N’AI PAS D’EAU DANS LA VOITURE.

Je vise les habitations les plus proches, des immeubles, et m’y dirige.

Digicodes aux portes. Personnes ne me répond et/ou personne ne veut me donner de l’eau.

Ça, c’est pas sympa !

Longue série d’immeubles tout du long, et donc, même digicodes...Je tente alors une autre direction, coté centre ville. C'est plus loin, mais il doit bien y avoir des habitants...à un moment...veux de l'eau, moi...

Les immeubles sont plus petits et plus anciens, mais les digicodes sont là aussi. Pffff…

Au bout d’un moment (je vous la fait courte), une vieille dame acquiesce à ma requête. Je monte les cinq étages. Elle n’a malheureusement qu’une bouteille décorée à la main qu’elle veut récupérer après !!! Je calcul rapidement mes chances de trouver de l’eau ailleurs (faibles) et calcul la distance et le temps nécessaire (galère): on va quand même faire comme ça, alors.

 

Revenue à la voiture, je verse le précieux liquide là où il faut … il me retombe directement sur les pieds !!!! Ho que je m'amuse !

Je ne m’en étais pas rendu compte, mais la durite a perdu son collier: elle pendouille !!!

Retour chez la vieille dame pour de l’eau, retour à la voiture (recerclage/tournevis/injures…), retour pour déposer la bouteille (plus simple à pied qu’en voiture vu l’endroit) et re-re-retour à la voiture. Une voiture de police s'arrête: "Non, c'est bon, les gars, je gère..."

... Et visite chez un garagiste histoire de changer le collier plus très fonctionnel, et histoire que ça tienne une bonne fois pour toute:

MOI, J'AIME PAS LES DURITES !...

 En vérité, j’ai roulé pendant des années avec des litres d’eau dans ma 205 (à quoi je rajouterais une couverture de survie, des biscuits, une bonne lampe de poche, des vieilles baskets, des tas d'outils...pour les incidents qui suivront) car j’ai toujours eu des fuites de-ci delà: angoisse des voyants qui passent au rouge ! Je n’ai cependant jamais refait fumer mon moteur (ni retenté de tuer de garagiste...Avez-vous vu le film "U-Turn"? Certains le mériterait...juste un peu quoi...)

 

Par contre, coté situations absurdes, la barre sera de plus en plus haute (déjà que…)

Suite ici: _l'_integrale__suite_et_fin__.html



20/05/2010
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